2009-03-17 - Statistiques ethniques... le retour!

Ce matin, LA MATINALE, présentée par Maïtena Biraben, proposait une émission spéciale sur la France de la diversité. Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l'égalité des chances, « présentait » le rapport qu'il remettra vendredi 20 mars à Nicolas Sarkozy pour soumettre au Parlement un projet de loi visant à doter la France d'outils de mesure de la diversité.

Chassez les statistiques ethniques du débat, elles reviennent aussitôt.

Qui compter ? Faut-il dénombrer les Noirs, les Arabes, les Asiatiques, les Blancs, les musulmans, les juifs, tous ceux qui s'estiment discriminés ou juste les minorités visibles ? Quid des Kabyles ou encore des harkis ? «Tant d'années à tenter de se fondre dans la masse des Français, pour finalement cocher la case arabe serait douloureux», assure Charles Kerchouche, fils de harki.

Comment compter ? Chaque méthode présente vertus et effets pervers. Yazid Sabeg propose que les salariés volontaires déclarent anonymement s'ils sont arabes, noirs... Cela donne l'avantage d'éviter un fichier ethnique. Mais reste en revanche une estimation assez floue, sans référentiel, et renvoie à «une appartenance communautaire». Si les Africains et leurs descendants semblent prêts à se déclarer «Noirs, car on ne risque pas d'être pris pour des Blancs», assure Louis-George Tin, du Cran, les Maghrébins se montrent très réticents. Ils redoutent d'être renvoyés sans cesse à leur origine. Pour éviter l'assignation communautaire, le Haut Conseil à l'intégration, tout comme la communauté des chercheurs, proposent la méthode géographique. Elle constate un parcours et repose sur la statistique publique. L'Insee peut, d'ores et déjà, recenser la nationalité et le lieu de naissance des individus et de leurs parents. Cela permet de faire émerger des statistiques sur la deuxième génération, de suivre son parcours scolaire et professionnel et d'adapter les politiques publiques. Tandis que la troisième génération retourne à l'anonymat de l'intégration.

«Très hésitant». Le 10 Mars, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, s’est dit «très hésitant sur cette question». Pour lui, les statistiques ethniques sont inutiles. «Est-ce qu’on a besoin de ça, par exemple, pour améliorer la mixité sociale dans les quartiers ? Non. Est-ce qu’on a besoin de ça pour former plus de candidats [issus de la diversité] aux élections ? Non. Est-ce qu’on a besoin de ça pour réorganiser la composition dans les écoles par quartier ? Non.» «Il y a beaucoup de mesures qu’on peut prendre sans ces fichiers, qui posent d’autres problèmes», affirme-t-il encore. Egalement opposé à la mesure de la diversité, SOS Racisme, pour qui «la dynamique communautariste contenue dans les propos de monsieur Sabeg n’est pas acceptable, aussi bien au niveau des effets à en attendre (fragmentation de la société…) que des principes qui la sous-tendraient (à savoir le remplacement de la recherche de l’égalité entre les individus par la recherche d’un équilibre entre les communautés)».

Nicolas Sarkozy, qui s’était jadis déclaré favorable aux statistiques ethniques, ne s’est plus exprimé sur le sujet depuis longtemps. Avec la nomination de Yazid Sabeg, cherche-t-il à tester les réactions de l’opinion publique sur le sujet ou prépare-t-il un passage en force ? ... C’est toute la question…!

Gouvernement :
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/actesstatistiquesethniques101106.pdf
Le Figaro :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/03/17/01016-20090317ARTFIG0...
Libération :
http://www.liberation.fr/societe/0101553513-les-statistiques-ethniques-r...

Pour une fois...

Portrait de tousdesmoutons

Merci Libre Pensée pour cet article qui en fera réagir plus d'un à mon avis!
Et bien pour une fois, peut être la seule, je suis d'accord avec Jean-François Coppé : A quoi ça sert?

Va-t-on compter aussi le nombre de blondes, de gros, de chauves, de gros chauves blonds?

Je ne sais pas où on va mais on y va très vite!

Politiquement parlant je ne

Portrait de nathonline

Politiquement parlant je ne vois pas de réels interêts. A t on la raison de cette demande de statistique ? Le seul interêt à cette étude serait d'un point de vue scientifique, pour nos ethnologues & Cie.

Intérêts politiques

Des intérêts politiques ils en ont...Le problème, c'est que ce ne sont certainement pas ceux que le gouvernement nous communique...

Un exemple (que je trouve personnellement aberrant) cité ce matin dans LA MATINALE (pas forcément approuvé par tous les membres de la majorité d'ailleurs!) : les quotas. Avoir des statistiques ethniques permettrait de rétablir l'égalité des chances dans les classes prépas par exemple (ou plutôt soi-disant...).

Un deuxième exemple cité par un membre de l'UMP interviewé ce matin : connaître ces statistiques permettrait de mieux répondre aux besoins en viande Kasher et Halal des personnes concernées, et contribuerait ainsi à renforcer leur sentiment d'appartenance à la France...

Les défendeurs des statistiques ethniques veulent promouvoir, l'égalité des chances, l'intégration de tous, ..., et youpi tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et les cas de discriminations??? Fini biensûr! On nous prend vraiment pour des cons!

Cela ressemble à de la

Portrait de nathonline

Cela ressemble à de la discrimination "positive" ... ce qui n'est pas bon en soit ...

On est d'accord. Et bientôt

On est d'accord.

Et bientôt ils nous feront faire des stats sur les gros chauves blonds!

Ce qui me gêne avec la

Portrait de tousdesmoutons

Ce qui me gêne avec la discrimination positive, c'est que ça reste de la discrimination....
Mais quelle peut être la solution pour faire changer les moeurs et accepter un peu plus "la différence" en France?

bouh!

Portrait de nathonline

Je suis plutot contre la discrimination positive

1° - La discrimination positive renforce l'idée auprès des personnes la subissant qu'elles sont bien "différentes" des autres. On y retrouvera un effet de communautarisme.
2° - La discrimination positive est forcement "négative" pour les personnes qui n'en bénéficie pas et donc creuse un peu plus le fossé. -> sentiment de frustration

" 1° - La discrimination

Portrait de pepito

" 1° - La discrimination positive renforce l'idée auprès des personnes la subissant qu'elles sont bien "différentes" des autres. On y retrouvera un effet de communautarisme."
===> Une blonde est différente d'une brune, un maigre d'un gros, un noir d'un blanc, ...... La différence existe, elle peut être visible. Ce n'est pas en soi un mal d'être différent !! C'est de ne pas l'accepter !!!!!!!
===> Ce n'est pas la discrimination positive qui est à l'origine du communautarisme !!!!!!!!!!!

PS : Je ne suis pas non plus pour la discrimination positive. Il suffit d'appliquer les lois républicaines : Liberté Egalité Fraternité

Aïe Pépito !!!!!!!!!!!!!!!

Portrait de nathonline

Aïe Pépito !!!!!!!!!!!!!!!

Je ne suis pas d'accord avec toi :(

Je ne veux pas dire que la discrimination positive est à l'origine du communautarisme mais elle l'encourage en insistant sur leurs differences: ethnies, religions, statuts sociaux ...

Nous sommes bien évidemment tous différents mais aux yeux de la République, de la loi, nous devons être les mêmes c'est à dire des Français. Et non pas des Francais-Handicapés, des Francais-Francais, des Francais-Maghrébins, etc.

Cependant, mon cher Pépito, nous qui sommes contre la discrimination positive, que penserais tu si l'état arreté la loi obligeant les entreprises à embaucher 6% d'handicapés ou alors reverser des pénalités ? (ceci est un exemple)

Devons nous accepter la discrimination positive dans une moindre mesure ?

Qu'en penses tu ?

Portrait de pepito

Le gouvernement de droite italien compte instaurer un plafond de 30% d'étrangers par classe dans les écoles, en estimant que cela aidera les enfants d'immigrés à s'intégrer parmi les petits Italiens, a déclaré mardi 24 mars la ministre de l'Education, Mariastella Gelmini.
"Nous envisageons un quota de 30%", a-t-elle dit à la télévision italienne.
"On a de nombreux cas de classes presque entièrement composées de petits immigrés et il est évident que de telles conditions ne sont pas propices à leur intégration", a-t-elle continué.
Selon elle, les enfants immigrés apprendraient davantage l'italien s'ils étaient plus mêlés aux élèves italiens.
Gelmini est l'un des ministres les plus contestés du gouvernement de Silvio Berlusconi. Les réformes qu'elle a défendues, visant à réduire les effectifs du corps enseignant et à accroître la discipline, ont provoqué des manifestations d'étudiants à travers la Péninsule. (Reuters)

Hi Pépito !

Portrait de nathonline

"Selon elle, les enfants immigrés apprendraient davantage l'italien s'ils étaient plus mêlés aux élèves italiens."

On souligne là que les petits étrangers en Italie ont des lacunes scolaires. Donc cette loi permettrait à ces derniers de pouvoir bénéficier d'un meilleur environnement pédagogique. Ces enfants étrangers ne sont pas sujets à des discriminations... "juste" à des difficultés scolaires.

discrimination positive (selon wikipédia) : La discrimination positive est un ensemble de mesures visant à favoriser certaines personnes appartenant à des catégories dont des membres subiraient ou auraient subi des discriminations systématiques.

Savoir vivre avec son temps

Pour moi il n'y a pas de solutions ...(désolée).
On n'uniformisera jamais la pensée des gens.
Certains vivent avec leur temps...d'autres pas.

Les stats ethniques ne font plus polémique chez les scientifique

Portrait de tousdesmoutons

Globalement, les chercheurs sont d’accord aujourd’hui sur «la nécessité d’intégrer dans leurs analyses les critères ethniques et de “race”» pour «la connaissance scientifique et la lutte pour l’égalité». C’est le constat que fait la sociologue Mirna Safi, dans un article intitulé L’usage des catégories ethniques en débat, publié en juin par la Revue française de sociologie, et consultable aujourd'hui sur le site Internet du magazine d’analyse et d’information en ligne La vie des idées.

A l’heure où renait la polémique en France, Yazid Sabeg, le commissaire à la diversité de Nicolas Sarkozy, étant censé rendre dans les tout prochains jours au chef de l'Etat, ses recommandations sur le sujet, ce coup de projecteur est particulièrement opportun. Les chercheurs sont en effet des utilisateurs directs des statistiques ethniques.

Or, selon Mirna Safi, la question des statistiques ethniques - ou de la «mesure de la diversité» selon la formule de Yazid Sabeg -, fait beaucoup moins polémique aujourd’hui qu'il y a quelques années, dans la communauté scientifique. «Parmi les chercheurs, les positions qui s’opposent au principe même des statistiques ethniques sont aujourd’hui très marginales», affirme-t-elle.

Même Dominique Schnapper, sociologue et membre du Conseil constitutionnel, serait à l'en croire, plus nuancée dans ses critiques alors qu'elle est connue pour avoir longtemps «défendu la spécificité du modèle républicain» à la française, et la conception particulière qui y règne de l’intégration des immigrés et le caractère «incompatible» des catégories ethniques.

Pour autant, Dominique Schnapper montre bien comment la décision d’introduire des catégories ethniques dans la statistique publique relève d’un «arbitrage politique» : faut-il privilégier la lutte contre les discriminations au risque de l’«ethnicisation croissante de la vie collective» ? En même temps, cette chercheuse reconnaît que «l’introduction progressive des statistiques ethniques participe de la dynamique démocratique».

Pour le socio-démographe Patrick Simon, partisan de la mesure de la diversité, en revanche, la France est également structurée par des «rapports sociaux ethniques et de race». Devant ce constat, ce chercheur explicite les alternatives scientifiques et politiques : «le choix de l’ignorance» d’une part afin de défendre une société colorblind - aveugle aux couleurs - ou le choix assumé des catégories ethniques afin d’objectiver et de mesurer les discriminations.

Sources : http://immigration.blogs.liberation.fr/coroller/2009/03/les-stats-ethni....

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