2011-04-05 : SOS préfets fantômes

Portrait de tousdesmoutons

Ce matin France soir attire notre attention sur ces dizaines de hauts fonctionnaires a qui on a donné le titre de préfets alors qu'ils n'ont jamais exercé cette fonction et qui sont nommés de manière totalement discrétionnaire et sans exiger le moindre titre ou diplôme nécessaire pour ce poste.

En ces temps de disette, où le gouvernement serre les cordons de la bourse dans l'éducation, la santé et la police-gendarmerie c'est un scandale français, un scandale qui serait inadmissible chez nos voisins comme le Royaume-uni ou l'Allemagne.

Ce systême de "préfets fantômes" existe depuis la création de ce corps par Napoléon Ier, en 1800. Cependant le général de Gaulle, très stricte avec tout ce qui touchait les finances du pays et les morales publiques, y avait mis fin.

Mais François Mitterrand en arrivant à l'Élysée en 1981 avait rétabli rapidement ce système souvent basé sur des relations maçonniques. Un décret du 23 décembre 1982 autorise la nomination de préfets "en mission de service public relevant du gouvernement " à hauteur de 5% de l'effectif budgétaire du corps des préfets. Mais aujourd'hui ce quota de "préfets fantômes" autorisés s'élève à 7% des 236 préfets, ce qui représente 17 faux préfets.

Ces préfets "bidons" sont alors nommés préfets hors cadre après quelques mois, nomination qui leurs permet de toucher 6.000 euros brut mensuels en attendant d'être élu sénateur ou député ou bien d'attendre sereinement la retraite.

S'ils sont élus, ils sont placé en détachement car officiellement ces deux fonctions sont incompatibles selon la loi. De ce fait ils ne reçoivent plus qu'un petit salaire de l'État dont le montant correspond au paiement de ses cotisations de retraite de préfet. Et si ils sont confrontés à un échec électoral, ils peuvent de nouveau coiffer "la casquette de préfet" hors cadre sans affectation de poste dans un département mais en touchant le salaire plein pot.

Mais après Mitterrand, le système a largement prospéré sous Jacques Chirac et il perdure sous le "règne" de Nicolas Sarkosy. Chaque mercredi, qui est le jour du Conseil des ministres, un préfet fantôme chargé d'une mission (bidon) de service publique relevant du gouvernement peut être nommé, en quelque sorte un cadeau présidentiel offert à ses courtisans, amis ou obligés.

Personne ne remet et ne remettra en cause ce système qu'ils soient de gauche ou bien de droite, car tous en profitent ou espère en profiter un jour ou l'autre. C'est un vrai scandale d'État qui bénéficie d'un habillage légal.

Qui bénéficie de ces largesses ? Et bien deux caciques du PS qui ont fait valoir leurs droits à la retraite de préfet sans avoir exercé cette fonction, en profitent actuellement. Il s'agit de Michel Delebarre depuis le 28 avril 2011 et de Michel Vauzelle depuis le 15 août 2010 qui touchent une pension mensuelle 4.000 euros brut, à laquelle vient s'ajouter leurs indemnités parlementaires, soit pour Michel Delebarre 15.124 euros brut et 9.760 euros brut pour Michel Vauzelle. A cela il faut ajouter 6.000 euros d'indemnité forfaitaire représentative de frais de mandat de député.

Lorsqu'ils décideront de quitter leurs mandats électoraux ils pourront tout cumuler : leur retraite de préfet fantôme, de parlementaire et d'élu local, soit pour Michel Delebarre environ 12.000 euros mensuel brut et pour Michel Vauzelle 10.000 euros mensuel brut. Les montants de ces cumuls sont terriblement choquant pour bon nombre de Français, car rappelons que selon l'INSEE le montant moyen brut des pensions en France se sont élevées, en 2009, à 1.196 € par mois…
Mais les élus du PS ne sont pas les seuls d'avoir bénéficié de la nomination de préfet fantôme. Brice Hortefeux, l'ami de toujours de Nicolas Sarkozy a été nommé, selon un décret pris lors du conseil des ministres du 27 avril 1995, préfet chargé d'une mission de service public relevant de l'action du gouvernement, c'est-à-dire "préfet fantôme"!

Mais on vu dernièrement que ces nominations ne concernaient pas seulement à récompenser les amis du Président de la République, elles servent également à empêcher la réélection d'un sénateur. Il s'agit du sénateur de Maine-et-Loire Christian Gaudin ancien membre du Modem et actuellement du Nouveau Centre élu sur sa propre liste aux sénatoriales contre celle du poids lourd local de l’UMP, André Lardeux, 64 ans, ex-président du conseil général.

Car le président de la République l'a nommé, le 11 octobre 2010, préfet administrateur des Terres australes et antarctiques françaises (avec résidence dans l’île de la Réunion). Et ceci pour que la droite parte unie aux sénatoriales de septembre 2011 en Maine-et-Loire afin de gagner le siège supplémentaire prévu dans ce département qui passe de trois à quatre sénateurs.

On peut penser que d'autres sénateurs qui sont des empêcheurs de tourner en rond, seront nommés préfets fantômes dans les mois à venir, par exemple : Alain Vasselle ou Philippe Marini dans l’Oise, Laurent Béteille pour l’Essonne, Alain Gournac ou Dominique Braye dans les Yvelines, et enfin Christian Demuynck en Seine-Saint-Denis.

Notons que ces arrangements entre amis que l’on cache soigneusement au citoyen, coûtent très cher au contribuable.

Sources : http://www.lepost.fr/article/2011/05/05/2485795_scandale-des-nominations...

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