2009-08-06 - Vers une deuxième journée de solidarité?

Portrait de tousdesmoutons

L'ancien ministre de la Santé et de la Solidarité Philippe Bas propose la création d'une nouvelle journée de solidarité. Journée qui serait travaillée par les employés du "pays des trente-cinq heures" uniquement.

Une deuxième journée de solidarité est-elle indispensable en France ? Pour l'ancien ministre de la Santé et des Solidarités Philippe Bas, la réponse est affirmative. Dans une tribune parue dans Le Monde daté du jeudi 6 août, ce conseiller d'Etat proche de Jacques Chirac lance le débat et ne manque pas d'arguments.
Selon lui, la Journée de solidarité, qui, depuis sa création en 2003, a déjà rapporté quelques 11 milliards d'euros, ne suffit pas à elle seule pour les personnes "dépendantes". "Les prix des [maisons de retraite] ont fortement augmenté et avec une retraite moyenne de 1.200 euros, les personnes âgées ne peuvent suivre sans que toutes leurs économies y passent", écrit-il, avant d'ajouter que "beaucoup sont contraintes de faire appel à leurs enfants ou à l'aide sociale", une "insupportable humiliation", selon lui.

"Surmonter nos égoïsmes"

Prônant la création d'un "chèque dépendance" alors qu'"augmenter les prélèvements obligatoires [...] serait irresponsable", Philippe Bas dit avoir le "courage de proposer cette deuxième journée de solidarité". Arguant qu'il "vaut mieux financer [...] par le travail, qui enrichit la France, que par l'impôt, qui l'appauvrit", l'ancien secrétaire général de l'Elysée s'interroge : "Saurons-nous surmonter nos égoïsmes pour donner à nos anciens et aux personnes handicapées un peu de ce temps libre dont nous disposons à profusion ?"
Mais pas question pour l'énarque d'accabler les artisans, encore moins les commerçants, ou les agriculteurs et les professionnels libéraux qui ne sont pourtant pas soumis à la journée de solidarité : "Ils travaillent déjà plus de cinquante heures par semaine", écrit-il. Philippe Bas préfèrerait que la nouvelle journée de solidarité soit travaillée par "la moitié des salariés français". Ceux qui, selon lui, vivent dans le "pays des trente-cinq heures".
(nouvelobs.com)

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