2010-10-27 : Affaire Bettencourt : Un hasard est le fruit de deux déterminismes

Portrait de pepito

Etrange coïncidence : en deux semaines, des cambrioleurs ont dérobé des ordinateurs dans les bureaux de Mediapart, dans ceux du Point et au domicile d'un journaliste du Monde. Le point commun des victimes ? Elles sont toutes à l'origine de révélations sur l'affaire Bettencourt.

Mediapart a été le premier à être cambriolé, mais ne l'a annoncé que ce mercredi :

« Mediapart n'avait pas jugé nécessaire de médiatiser ce cambriolage, qui peut très bien être le fait d'un simple maraudeur, jusqu'à ce que l'on apprenne que les journalistes du Monde et du Point avaient été victimes de vols similaires. »

Trois cambriolages visant -volontairement ou par hasard- des journalistes enquêtant sur l'affaire Bettencourt, cela fait en effet beaucoup :

* Dans la nuit du 7 au 8 octobre, chez Mediapart, les ordinateurs de la directrice de la communication et d'un stagiaire ont été dérobés.

Leur bureau « est mitoyen des bureaux de Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme -qui n'avaient pas laissé leurs ordinateurs à la rédaction ce soir-là-, les deux journalistes qui suivent l'affaire Bettencourt », explique Mediapart. Mais « les deux cédéroms contenant l'intégralité des enregistrements effectués clandestinement au domicile de Liliane Bettencourt » ont aussi disparu. Ils étaient rangés dans le bureau de Fabrice Arfi.
* Le 21 octobre, le domicile de Gérard Davet, journaliste au Monde, a également été cambriolé. On lui a volé son ordinateur portable et son GPS : « Rien d'autre ne manquait, alors qu'il y avait des objets de valeur, une chaîne hi-fi… », a-t-il expliqué au Monde.fr.

Gérard Davet a notamment « sorti » des informations sur les auditions et les perquisitions menées par les enquêteurs dans l'affaire Bettencourt.
* Le même soir, dans les bureaux du Point, l'ordinateur portable d'Hervé Gattegno a été dérobé. Ce journaliste avait lui aussi publié les enregistrements clandestins réalisés chez Liliane Bettencourt.

« Les cambrioleurs étaient visiblement bien renseignés, car Hervé Gattegno venait tout juste de changer de bureau au journal », explique LePost.fr, qui a révélé ce cambriolage.

Le journaliste du Monde ne veut pas « sombrer dans la paranoïa »

Ces cambriolages sont-ils de simples coïncidences, ou visaient-ils à découvrir les sources de ces journalistes ou à les intimider ? Interrogé par LeMonde.fr après son cambriolage, Gérard Davet expliquait :

« Je n'exclus rien quant à ce cambriolage, qui peut aussi parfaitement être le fait d'un maraudeur. Il n'est pas question de sombrer dans la paranoïa ni d'alimenter un climat de fantasmes. »

Le « climat » incite pourtant à se poser des questions. Le Monde, notamment, a déjà porté plainte à deux reprises pour « violation du secret des sources », après avoir découvert que les factures téléphoniques de Gérard Davet avaient fait l'objet de deux enquêtes :

* La première a été menée par la Direction générale du renseignement intérieur (DCRI), et a conduit la police à un membre du cabinet de Michèle Alliot-Marie, David Sénat, qui était visiblement en contact régulier avec Gérard Davet.
* La seconde a été ordonnée par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, qui suspecte sa grande rivale, la juge Isabelle Prévost-Desprez, d'alimenter Le Monde en informations.

Powered by Drupal - Design by artinet