2009-03-12 - Continental : Travailler plus pour être viré!

Portrait de tousdesmoutons

L'annonce de l'arrêt de la production suscite un tollé, après des semaines de démentis.

Les employés de l'usine Continental de Clairoix (Oise) sont sous le choc. Leur usine fermera ses portes au plus tard en mars 2010 et 1 120 emplois vont disparaître. De son côté, la direction préfère parler « d'un arrêt de la production ». Une annonce d'autant plus mal perçue que la semaine dernière, les représentants des syndicats ont reçu l'assurance « qu'à ce jour aucune fermeture de Clairoix n'est prévue », lors d'un comité d'entreprise (CE) exceptionnel.

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Ce matin, la direction nous a convoqués par téléphone à un comité d'entreprise, raconte au Figaro le secrétaire général du CE de Clairoix, Antonio da Costa. Quand nous sommes arrivés, il y avait des vigiles partout. Ce sont des lâches. » Une colère relayée par Luc Chatel, secrétaire d'État à l'Industrie qui a qualifié cette décision de « trahison ». Une décision « sans justification économique » pour le sénateur UMP Philippe Marini (Oise).

Il y a deux ans, les salariés avaient accepté une hausse du temps de travail hebdomadaire à 40 heures contre la promesse du maintien de leur emploi au moins jusqu'en 2012. Luc Chatel a également prévenu les dirigeants de Continental « que si le groupe persistait dans sa volonté d'une restructuration du site de Clairoix, il aurait à justifier devant les tribunaux de la motivation de tels licenciements », d'autant que le fabricant allemand a publié des résultats positifs pour sa division pneumatiques en 2008.

Le recul du marché auto

« Faut-il attendre que nous soyons acculé à la faillite pour restructurer notre outil de production ? », se défend Bernard Trilken, vice-président en charge des opérations industrielles de la division pneumatiques de Continental. « Si nous ne faisons rien, ce sont 26 000 emplois qui seront menacés », ajoute-t-il pour justifier sa décision. Il est confronté à une surcapacité de production estimée à 15 millions de pneus par an en Europe imputable au ralentissement économique, alors que le groupe produit 100 millions de pneus dans le monde. « Et encore, tous les 15 jours, nous révisons nos surcapacités à la hausse de 500 000 pneus », précise-t-il. En cause, les difficultés des constructeurs automobiles qui se sont traduites par une baisse de 30 % des volumes sur les deux premiers mois de 2009. En outre, les automobilistes et les transporteurs roulent moins, avec des pneus toujours plus performants. Le marché du remplacement est lui aussi « en forte baisse ». Alors il faut fermer Clairoix qui produit 8 millions de pneus par an ainsi qu'une usine à Hanovre (Allemagne) où sont produits des pneus poids lourds. En revanche, la direction n'associe pas cette décision au rachat l'année dernière de Continental par Schaeffler, désormais au bord de la faillite, ni à sa dette de 22 milliards d'euros.

À Clairoix, la direction prévoit de procéder en deux temps. Après une phase de concertation comprise entre six et neuf mois, 650 postes seront supprimés. Les 470 restant le seront dans un an. Des mesures d'accompagnement (formation, aide financière…) devraient être mises en place ­ainsi qu'une cellule de recherche pour y implanter de nouvelles activités, comme un parc logistique.

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