2009-06-24 - Attentat de Karachi, saura-t-on un jour la vérité?

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Karachi : Millon admet avoir bloqué le versement de commissions
"Peu après ma nomination au ministère de la Défense, en 1995, Jacques Chirac m'a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d'armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions", révèle-t-il.

Interrogé sur l'attentat de Karachi, au Pakistan, en 2002, Charles Millon, ancien ministre de la Défense de Jacques Chirac, a reconnu, mercredi 24 juin, avoir bloqué "le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions".
Or, la semaine dernière, un rebondissement est intervenu dans cette affaire concernant précisément ces commissions : les avocats des familles des onze ingénieurs français de la DCN tués dans l'attentat ont indiqué que l'enquête s'orientait vers une "affaire d'Etat", liée au versement de commissions destinées à des intermédiaires, en marge de la vente de trois sous-marins conventionnels français Agosta au Pakistan.
"Peu après ma nomination au ministère de la Défense, en 1995, Jacques Chirac m'a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d'armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions", a expliqué Charles Millon dans un entretien publié sur le site internet de Paris Match. Et "c'est ce qui a été effectué : chacun d'entre eux a fait l'objet d'une expertise particulière", a-t-il ajouté.

Des "pratiques nuisibles à l'image de la France"

Et de poursuivre : "Dans tous les pays du monde, les grands contrats industriels ou commerciaux à l'exportation font appel à des intermédiaires. Ceux-ci sont rémunérés lorsqu'ils effectuent un travail réel et vérifiable, en revanche, il est tout à fait anormal qu'il soit demandé à ces intermédiaires par des officines diverses un pourcentage sur les commissions prévues".
"C'était le sentiment du président Chirac, avec lequel j'étais en parfaite adéquation", a souligné l'ancien ministre de la Défense. "De plus, dès mon arrivée au ministère, les autorités gouvernementales de plusieurs pays m'ont gentiment signalé ne pas comprendre la persistance de telles pratiques nuisibles à l'image de la France" a-t-il ajouté, précisant qu'aucune "menace de représailles n'a été proférée à l'encontre de la France".
Sollicité ensuite par l'AFP pour apporter un complément de commentaires à ses propos, Charles Millon a souhaité en rester là.
La semaine dernière, les juges antiterroristes enquêtant sur l'affaire et les familles des victimes s'étaient entretenus à Cherbourg. C'est à l'issue de cette rencontre que les avocats des familles, avaient parlé d'une "affaire d'Etat" écartant la piste d'Al-Qaïda, d'abord évoquée. Du côté du parquet, on affirme que l'enquête antiterroriste sur l'attentat, qui avait 14 morts dont les onze ingénieurs français des arsenaux d'Etat DCN, n'a pas apporté à ce jour "d'élément objectif" pour le relier à un contentieux franco-pakistanais sur ce dossier.
(Nouvelobs.com avec AFP)

La réaction du président :

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